jeudi 25 mai 2017

Pas de solution qui ne soit politique !


Je suis toujours étonné de lire ici où là que le végétarisme serait une solution à l'élevage ou aux mauvais traitements des animaux. Devenir végétarien fait partie d'un choix personnel comme celui d'embrasser une religion. Cette religion n'étant en rien une solution toute faite pour résorber la misère du monde. Il y a là, dans cette idée fortement ancrée que le végétarisme viendrait soulager la cause de l'animal un non sens et surtout on lui fait endosser un emploi qui n'est pas celui qui lui est intrinsèquement dévolu.

Cela crée une opposition entre gentils végétariens et méchants consommateurs de viande. Ce qui est encore une fois aberrant.
Les mauvais traitements dans le monde de l'élevage existent, comme dans le monde du travail sans que cela soit systématique. Regardons les événements avec calme et discernement vers ceux des éleveurs qui ont trouvé leur point d'équilibre.
Un cheptel raisonnable en taille (une cinquantaine de vaches laitières par exemple), une alimentation fourrage exclusivement et une qualité de lait qui leur permet d'être en bio ou de fournir une laiterie qui fait de la production de fromage. Ou une production fromagère sur la ferme (avec une AOP si possible), mais avec plus de bêtes et de personnel.

L'élevage intensif ou industriel est récent en Europe et particulièrement en France. La majorité des fermes d'élevage comme de production laitière reste dans des proportions de troupeaux tout à fait raisonnables, exception faite de quelques fermes qui s'approchent plus de l'usine.
C'est un manque de personnel (rentabilité) qui est toujours à l'origine des mauvais traitements. Les cadences (surtout dans l'abattage), l'emploi systématique d'engins dans l'espace des animaux, des lieux inadaptés au confort de l'animal, des erreurs de conception dans l'aménagement des lieux d'élevages et également des concepts d'élevage qui ne prennent pas en compte la réalité de l'animal et de son parcours sur terre.
Tous ces problèmes ont une solution.
Revaloriser les métiers de la viande et du lait, payer les productions à un juste prix aux producteurs. Le juste prix permet d'avoir moins de bêtes ou d'embaucher du personnel. Donc une grande partie des solutions sont d'ordre économique et donc en soi, politiques.
La grande distribution, en France, qui fixe arbitrairement les prix est la première à porter une lourde responsabilité dans cette problématique.
Moins de viande et de lait, de meilleure qualité et à un juste prix pour tous et non pas au seul avantage de celui qui commercialise.
Cela peut paraître simpliste, mais c'est la base d'une évolution nécessaire pour que l'avenir de l'animal d'élevage soit moins problématique qu'aujourd'hui.

Mais nous citoyens consommateurs comment pouvons-nous intervenir dans ce système déjà établi ?
Changer nos habitudes et notre relation au commerce en privilégiant les circuits courts (AMAP, Coopératives, ventes directes, petits magasins de proximités et indépendants, etc.).
Mais le monde agricole doit lui aussi se diriger vers cette commercialisation de ses productions.
Et le monde politique doit s'investir dans ce sens, à nous de devenir très exigeants avec notre bulletin de vote! Les cantines scolaires, restaurants municipaux, d'entreprises, d'Ehpad, d'hôpitaux, tous ces lieux doivent bénéficier des circuits courts qui échappent au dumping commercial des grandes surfaces.
Je ne prône pas leur disparition, mais un retour à un juste équilibre dans la chaine des prix.
Pour vous en convaincre, regardez d'où viennent vos fruits et légumes et imaginez le trajet qu'accomplit le produit qui est devant vous sur les rayons de votre supermarché!
C'est donc un choix, une attitude pleinement humaine, qui nous élève dans notre cheminement terrestre, comme la communication avec le monde animal le fait.

À vos assiettes !

vendredi 14 avril 2017

De l'auroch et du cheval daté de 14000 ans !


 
Voici un article très intéressant qui prouve que l'on fait des découvertes tous les jours.

Des archéologues ont découvert un véritable trésor au pied du rocher de l’Impératrice, à Plougastel-Daoulas. Datées de 14 000 ans, ces plaquettes de schiste gravées seraient les plus anciennes œuvres d’art découvertes en Bretagne.
Qu’ont découvert les chercheurs ?
Ce sont quelques 45 plaquettes de schiste gravées qui ont été découvertes sur le site du rocher de l’Impératrice, en Bretagne. Si parmi elles, la pièce 741 (environ 30 cm de côté) baptisée « Kezeg brav » (« beau cheval » en breton) par les archéologues, arbore un magnifique cheval entièrement gravé sur les deux faces, une autre, découverte antérieurement, leur vole clairement la vedette. Il s’agit de la tablette 317, découverte deux ans plus tôt.
Tout comme la 741, elle est gravée des deux faces, mais représente la tête d’un auroch. D’un côté, on peut observer des rayons qui émanent de l’animal, à la manière d’une auréole. Baptisée « Buoc’h skedus » (« vache brillante » ou « taureau rayonnant »), elle interpelle les archéologues : « aucun équivalent d’animal « brillant » n’a pu être trouvé dans l’iconographie du paléolithique européen ».
La transition du style magdalénien au style azilien remise en question
« Les rayons ont été gravés après la tête de l’animal, et celui qui les a dessinés est repassé sur les cornes pour que l’auroch apparaisse bien au premier plan », a précisé au Monde Nicolas Naudinot, de l’université de Nice-Sophia-Antipolis, CNRS, et directeur de cette campagne de fouille commencée en 2013. Persuadés que ce genre de représentation n’est pas unique, les archéologues espèrent en exhumer beaucoup d’autres.
Nombreuses sont les hypothèses quant à ces découvertes. Si les chercheurs se demandent s’il s’agit de pièces sacrées, si elles avaient un rapport avec la chasse ou comment elles étaient disposées, c’est bien le style de ces œuvres qui les interpelle le plus. En effet, bien que de culture azilienne, dont la caractéristique principale est l’exposition de figures géométriques, il semblerait que le style représenté ici est plutôt magdalénien, qui se traduit par un fort naturalisme avec un sens aigu du détail et des proportions, en rupture avec la culture précédente.
S’il ne faut pas tirer de conclusions hâtives de cette découverte, elle invite pourtant les chercheurs à considérer la tradition entre ces deux cultures comme étant plus graduelle qu’ils le supposaient.

dimanche 19 mars 2017

Les plantes aussi !




Quoi ? Les plantes se parlent ? Elles interagissent ?...
"Les plantes protègent les membres de leurs familles, s'écartent des étrangers et savent faire la différence entre elles-mêmes et les autres" (Susan Dudley) elles auraient donc une certaine "conscience de soi" ?
"Les plantes réagissent à la musique, ont un odorat, prennent des décisions des capacités qu'on ne leur reconnaissait que dans les contes de fées" ! Nous y voilas, on voudrait nous faire croire à des contes de fées et les doux dingues qui croient en toutes ces balivernes sont des rêveurs égarés…
À moins que nous soyons à l'aube d'une compréhension nouvelle du monde du végétal ! Et les scientifiques de toutes nationalités ne s'y trompent pas, partout dans le monde on s'intéresse au monde végétal, car il renferme en lui encore bien des mystères. Et surtout, ce que l'on découvre nous ouvre d'immenses perspectives pour le futur. C'est d'ailleurs sûrement cela qui booste la recherche !

"Nous avons longtemps pensé des plantes qu'elles se contentaient d'être là. Or elles savent beaucoup mieux se défendre que nous le supposions et elles sont créatrices de leur environnement. Il est prouvé que grâce à une communication d'ordre chimique, elles exercent un certain contrôle sur ce qui les entoure" (Meredith Biedrzycki).
Ainsi il nous est donné à penser que les plantes sont partie prenante de l'élaboration d'un paysage !
Les plantes communiquent entre elles par les racines et des réseaux de champignons, elles ont développé le WWW; Wood Wide Web !

(les extraits de texte sont tirés du livre de Florianne Koechlin et Denise Battaglia – Mozart und die List der Hirse; Natur neu denken)

Vous trouverez la totalité de cet article dans le Biodynamis-hors série n°19 de mars 2017- Partenariats botaniques en biodynamie.
Biodynamis 5 place de la Gare 68000 Colmar.

Bonne lecture printanière.
Le lutin de service.

mardi 7 mars 2017

Ils arrivent...


On vous l'avait dit, ils arrivent chez nous. La viticulture toujours en pointe est aux premiers rangs, bientôt plus d'humains dans les vignes ?
Le salon de l'agriculture a vu ses carnets de commandes se remplir de robots.
À suivre…



Dans les vignes, le robot viticole à chenilles automatise des tâches comme le désherbage et le travail du sol superficiel. (Tien Tran)

mardi 28 février 2017

Qui a "fait" l'homme ? Le chien ?



Extrait de "l'interprète des animaux" de Temple Grandin chez Odile Jacob.
P 344

À propos du loup et de l'homme…

Homo sapiens
"… les loups partageaient déjà la vie des hommes à l'époque où l’Homo erectus  venait tout juste de devenir Homo sapiens. À ce moment-là nos ancêtres possédaient très peu d'outils et vivaient en petits groupes nomades sans doute pas plus complexes, socialement, que des bandes de chimpanzés. Certains chercheurs estiment même que les hommes n'avaient pas encore de langage.
Cela veut dire qu'au début de leurs relations les loups et les hommes étaient pratiquement sur un pied d'égalité. Deux espèces différentes ayant des talents complémentaires s'étaient associées, choses qui ne s'étaient encore jamais produites et ne se produiraient plus vraiment.

Homo-erectus
À partir de ces éléments, un groupe d'anthropologues australiens a émis l'hypothèse que, pendant cette période de coévolution, les hommes ont appris à agir et à penser comme des loups. Les loups chassaient en groupe, pas les hommes ; les loups avaient  des structures sociales complexes, pas les hommes ; les loups formaient avec des individus du même sexe des liens d'amitié loyale ; les hommes probablement pas, sinon l'on en juge par l'absence de ce type de relation dans les espèces de primates actuelles (chez les chimpanzés, la principale relation est celle de la mère aux enfants) ; les loups ont un sens aigu du territoire, les hommes ne l'avaient sans doute pas, si l'on en juge, encore une fois, d'après le comportement des primates.
Lorsque les hommes sont devenus vraiment modernes, ils avaient acquis toutes ces caractéristiques des loups. Nous sommes tellement différents des autres primates que notre héritage canin paraît évident. Les anthropologues australiens pensent que les chiens nous ont appris leur manière d'être.
Cro-Magnon
Il pousse même le raisonnement plus loin en affirmant que les loups, plus les chiens, ont donné aux hommes un énorme avantage en termes de survie. Ils servaient en effet de vigies et de protecteurs, et permettaient aux hommes de chasser de grosses proies en groupe au lieu de chasser de petites proies individuellement. Étant donné tout ce que les chiens apportaient aux hommes, on peut imaginer que leur amitié explique sans d'autres en grande partie pourquoi nos ancêtres Cro-Magnon ont survécu alors que les Néandertaliens ont disparu. L'homme de Neandertal n'avait pas de chien.
Néandertal
 Mais les chiens ne se sont pas contentés de protéger notre espèce. Ils ont sans doute aidé les premiers hommes à dépasser le stade de primates. Paul Tacon, chercheur à l'Australian Museum, affirme que le développement des amitiés humaines «représentait un avantage considérable en accélérant l'échange des idées au sein d'un groupe». Toute évolution culturelle se fonde sur la coopération, et les hommes ont appris des chiens à coopérer avec des individus n'appartenant pas à leur famille…"

L'homme apprenant du loup et du chien ! Voilà une belle révolution !
À suivre…

vendredi 10 février 2017

Va-t-on vers un "loup européen" ?




C'est l'arroseur arrosé, la réintroduction du loup dans l'espace européen est une réussite au-delà des espérances de ceux qui ont milité pour son retour.
Mais le problème est que le loup moderne s'acclimate bien et avec une certaine intelligence qui dépasse les réactions sur le terrain.
Les uns subissent, ce sont les éleveurs et les autres manifestent alors qu'un équilibre naturel doit être trouvé. 
Un prédateur sans prédateur supérieur ce n'est pas viable dans un écosystème ou cela donne la perche du Nil qui a éradiqué les autres poissons là où elle a été introduite.
Le grand public et surtout les défenseurs du loup sont-ils matures pour que cette réintroduction soit un succès ? Pas si sûr….


Source France-info

"Depuis 1992, le nombre de loups est passé de zéro à 300 du sud-est au nord-est de la France. Ils chassent en meute ou en solitaire au grand dam des bergers. L'an dernier, plusieurs éleveurs ont signalé la perte de leurs brebis. Au total, ce sont 9 788 animaux qui ont été tués en 2016.
Des attaques qui coûtent plus de 2,81 millions d'euros d'indemnisations. Pourtant, le ministère de l'Écologie avait pris des mesures en mettant en place un quota maximum de 36 loups à battre en un an. Problème : 33 loups ont déjà été tués.
La population a 15 jours pour donner son avis
Le gouvernement veut alors autoriser de nouveaux abattages pour assurer une meilleure protection des troupeaux d'ovins. Une mesure qui divise avec d'un côté les agriculteurs favorables à ce projet et de l'autre, les associations de protection des animaux pour lesquelles il est possible de cohabiter avec les loups. L'État vient de lancer une consultation publique et demande aux habitants de se prononcer d'ici au 21 février.

Dans le reste de l'Europe… Le loup de la discorde en Norvège.
Réintroduit dans les années 80, le loup s'invite dans les élections législatives et divise la population entre ceux qui souhaitent protéger l'animal et les habitants des régions concernées qui souhaitent limiter sa prolifération. Un programme d'abattage vient d'être bloqué dans le nord du pays. Pour calmer les esprits, la Première ministre s’est déplacée afin de trouver un accord sur le nombre de loups à éliminer."

Pour quand un ministère du loup ? Ou une Commission européenne ?

vendredi 3 février 2017

Le vent tourne en Europe pour le loup


Voici un extrait d'un communiqué transmis par l'AFP. 
AFP, publié le vendredi 27 janvier 2017 à 17h40

Faune: une étude montre que les loups "manifestent une familiarisation envers les humains" et peuvent s'approchent parfois près des hommes.

- "On a mis la logique à l'envers" -
"Les attaques se rapprochent des villages, à 50 mètres des habitations, en présence de bergers, de patous. Deux fois, des troupeaux ont été attaqués, ils ont cassé les parcs, se sont éparpillés dans les hameaux", a témoigné Jacqueline Dupenloup, maire de Saint-Alban-les-Villard (Savoie) qui craint "un suraccident".
Aux "rencontres des humains avec des groupes de loups, et parfois de près" se sont ajoutés "des signes tangibles de reproduction sur zone" des canidés, évoluant probablement en meute, notent l'Inra et le Cerpam: la raréfaction depuis trois ou quatre ans de chamois, chevreuils et mouflons ainsi que l'augmentation de la prédation sur des veaux et des vaches, "en alpage comme sur des prés en vallée", résument les deux organismes.
Les chercheurs ont également recueilli la parole de chasseurs et d'éleveurs qui constatent un changement de comportements des animaux sauvages comme domestiques, "très inquiets, voire paniqués".
"Il y a eu un processus assez long et interactif de modification des comportements de plusieurs catégories d'êtres interagissant de part et d'autre de la lisière, loups, ongulés, bétail, humains, jusqu'à une approche menaçante d'un humain vulnérable par des loups de nuit", analysent les deux organismes.
"Ces évolutions ont des conséquences pour le territoire: une baisse d'attractivité cynégétique et récréative, si ce n'est déjà un risque en matière de sécurité civile, une atteinte à la viabilité des élevages de bovins conduits à l'herbe", remarquent le Cerpam et l'Inra, qui appellent à "une adaptation des politiques publiques".
"Il ne s'agit pas d'une faillite des politiques publiques, mais les politiques publiques sont basées sur une idéologie qui a fait faillite. On a mis la logique à l'envers, on a cru pendant 20 ans que les humains pouvaient s'adapter aux loups qui ont tous les droits", a estimé Laurent Garde, chercheur au Cerpam. "Il faut maintenant apprendre aux loups à s'adapter aux humains", a-t-il conclu."



Pour compléter cette information, la Suède a autorisé l'élimination d'un nouveau quota de loups (24) sur son territoire. (ev 340 loups sur son territoire)
C'est un changement radical dans l'ensemble de l'Europe face à la réalité du "problème" posé par le canidé.
À suivre…