vendredi 1 décembre 2017

Cosmovision locale


Cosmovision locale et communication animale
Le regard que pose la communication animale sur le monde animal correspond à une sorte de "cosmovision locale".

La cosmovision locale est un terme souvent employé pour décrire les croyances d'un peuple premier quand à sa perception de l'organisation du monde en général et celui qui l'entoure en particulier. Elle régit son quotidien et ses rituels. L'indien d'Amazonie qui remercie la terre de lui donner ses fruits comme l'animal qui fait le sacrifice de sa vie pour le nourrir sont les exemples les plus connus. Son savoir sur le plan des plantes médicinales fait aussi partie de sa cosmovision locale.
Chacun d'entre nous vit avec sa propre vision du monde, même si nous partageons beaucoup d'éléments en commun, nous avons chacun nos particularités, certains diront nos "petits arrangements" avec notre environnement comme avec notre conscience !
Alors, pourquoi parler de cosmovision en matière de communication animale ?
Accepter dans son monde que le lien de la communication puisse être créé avec le monde animal, que celui-ci puisse nous parler de sa santé comme de ses états d'âme est déjà une approche du tangible qui sort de l'ordinaire.
À l'intérieur de cette communication animale accepter que l'animal soit un miroir de nos émotions humaines, voir un médium de l'invisible qui nous entoure c'est encore une étape supplémentaire de franchie.
Nombre de personnes ne sont pas à l'aise avec ces concepts. Ils peuvent être contradictoires avec une pratique de la foi, quelle que soit la religion.
Parler de vie antérieure et soutenir que l'animal a la capacité de s'en souvenir ou tout du moins d'évoquer les siennes, comme celles de son humain…relèvent d'une vision particulière du monde tangible et invisible qui n'est pas donnée à tout le monde, vu notre éducation occidentale, faite de foi religieuse et de cartésianisme !
C'est donc une certaine "cosmovision locale" qui sous-tend la communication animale. La pratique de la communication animale s'en inspire comme elle pousse le communicant à adopter un maximum de codes de cette cosmovision.
Pourquoi cela revêt-il une certaine importance ? Nous partageons cette vision du monde avec le monde animal dès que nous pratiquons la communication animale. Nous établissons, individuellement, une passerelle qui emprunte des codes communs, l'animal nous y entraine et en retour il nous demande des preuves tangibles de notre adhésion à cette cosmovision commune par des actions concrètes à son égard: il change de comportement pour nous signaler qu'il a bien reçu et compris le message, mais nous demande de faire de même avec lui en modifiant nos actions envers lui, comme en intervenant ponctuellement pour supprimer une nuisance à son encontre.

 
Cela peut aller jusqu'à changer la façon dont l'éleveur considère son animal au sein du troupeau en changeant la notion de productivité et d'improductivité.
Mais ce changement de paradigme n'est possible que si nous harmonisons notre cosmovision avec celle de l'animal. Cela dépasse de loin le simple accord quant au projet de la ferme ! Nos chemins de vie se croisent avec ceux de nos animaux et nous partageons un rapport au monde, cosmos, univers, qui sort de celui vécu par une majorité d'hommes autour de nous.
Cela ne nous rend pas meilleurs ni supérieurs, mais conscients peut-être, de l'enjeu formidable qui se joue à l'heure actuelle entre le monde animal et le nôtre.

mercredi 30 août 2017

Le difficile été du loup...


Le loup a fait le grand écart cet été. D'un côté des éleveurs exaspérés par une prédation qui a explosée, et qui les motivent à manifester auprès des vacanciers aux péages ou à des carrefours de route et de l'autre coté (eh oui c'est ainsi) un rapport très officiel (Commanditaire : Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer.) qui nous dit que si la "prédation" de l'animal (le loup) continu à ce rythme en France, la population de loup est condamnée !
Comment trouver un juste milieu (existe-t-il seulement ?) entre ces deux visions du "problème" loup ?
"Le loup est incompatible avec le pastoralisme actuel", disait un élu syndicaliste.
Une banderole affichait " Les brebis chez nous, le loup chez lui". Cela paraît être du bon sens, chacun chez soi (et les vaches seront bien gardées disait mon voisin). Encore faut-il que le loup ait un chez lui ! Et chez lui, c'est où ? Ailleurs, à l'étranger (puisqu'il vient d'Italie ?) cela ne ressemble pas un peu à un slogan anti-migrant ? Cela me gène un peu, beaucoup.

Et puis "les brebis chez nous" ce n’est pas du genre nationaliste ça ? "Les brebis chez elles, et le loup chez lui" me conviendrait plus volontiers.
Vous voyez, la sémantique nous entraine parfois au-delà de nos idées ou du moins celles que nous voudrions faire passer.

Le constat est simple, le loup, sans une certaine volonté de tous, ne survivra pas sur notre territoire. Pourquoi pas? C'est juste un choix de société.
La vie est un choix incessant, celui-ci comme bien d'autres. Peut-on s'émouvoir des migrants qui périssent en méditerranée et des brebis égorgées par le loup ? (si celui-ci est coupable) ou des loups abattus par "prélèvement" ?
Vous allez me dire que ce n'est pas comparable. Bien.
Faisons de la politique… qui vote quoi et qui vote pour qui ?
Pour ou contre l'accueil des migrants dans l'UE ? Et en France ?
Pour ou contre la survie du loup sur notre territoire national et dans l'UE (le problème est le même partout en Europe) ?

Quand je vous disais que c'est un choix, et non des moindres.
Sommes-nous encore capables de faire de la place à l'autre ? Au différend de nous ? Migrant ou loup, qui est le "mieux venu" dans nos vies ?
Allez, finissez cet été dans la paix et la réflexion.
Bien à vous.

Quelques extraits de presses et du rapport sur la viabilité du loup en France.
La Dépèche du Midi
Publié le 26/08/2017 à 11:55, Mis à jour le 26/08/2017 à 17:54
Contre l'ours et le loup, les éleveurs ont manifesté sur l'A64 au sud de Toulouse
"Pourtant, certains éleveurs en gros sur le cœur lorsqu’ils parlent de leur travail, de leur troupeau. Car cette saison, trop, c’est trop : 390 brebis mortes début août, et aujourd’hui c’est au-delà de 500. Sans compter deux chiens de protection, les fameux Patous, terrassés par l’ours. Pour Cécile, éleveur à Labastide de Salat, membre du syndicat ovins Ariège, ce n’est plus vivable. « J’ai mes estives aux champs de l’Hers, j’ai la peur au ventre quand j’y monte. Il faut savoir aussi que lorsque l’ours attaque, il ne tue pas les brebis, il mange certaines parties du corps, elles sont encore vivantes, et c’est nous qui devons les abattre. Mais ce ne sont pas que des brebis, ce sont MES brebis, elles ont des noms, elles me connaissent. Alors bien sûr, il y a les dédommagements, il faut déclarer. Mais qui va m’indemniser pour les brebis blessées, traumatisées, les animaux manquants, et le temps pour reconstituer un troupeau, sur trois ou quatre ans ? Aujourd’hui, on ne peut pas vivre."

Aveyron: manifestation d'éleveurs contre le loup
Par Le Figaro.fr avec AFP La Dépèche
Mis à jour le 05/08/2017 à 12:53
Publié le 05/08/2017 à 12:29
Des centaines d'éleveurs et d'élus, accompagnés de milliers d'animaux, se sont rassemblés samedi en Aveyron afin de dénoncer "le massacre" provoqué par la présence du loup et "la menace" qu'il représente sur le pastoralisme en France.
Sur un contrefort des Grands Causses, à la limite de l'Aveyron et de la Lozère, trois mille brebis environ, une centaine de bovins, des chevaux et même un lama avaient été rassemblés sur des pâturages proches de Séverac-le-Château afin de représenter visuellement le nombre des animaux tués par le loup en France depuis quatre mois.
Depuis début janvier, 4153 animaux ont été "prédatés" par le loup en France, selon la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) d'Auvergne Rhône-Alpes, chargé du dossier au niveau national. Sur l'ensemble de l'année 2016, 10.234 bêtes ont été tuées, contre 9112 en 2015, ajoute la Dreal.
"On ne peut pas supporter cette prédation", a jugé Mme Brunet dans une allocution prononcée depuis une scène installée en plein champ. "Il faut remettre à plat le plan loup", a-t-elle insisté devant deux cents participants environ installés sur des ballots de foin : en majorité des éleveurs venus de l'ensemble de la France, mais également de nombreux élus municipaux ou nationaux, ainsi que des représentants des syndicats FNSEA et Coordination rurale.

ISÈRE Manifestation sur la problématique du loup au Percy : les éleveurs freinent les vacanciers !

Ils se sont levés à l'aube pour installer leur barrage filtrant sur la D1075 à l'intersection du village du Percy. Tous les éleveurs du Trièves guidés par la présidente du syndicat d'élevage, Amandine Vial, rejoints par les maires et élus du Trièves, mais aussi du Département, de la Région, des chasseurs des 28 ACCA du territoire, des habitants... ont tenté de sensibiliser les vacanciers sur la question du loup.
Les tracteurs n'ont pu empêcher la déviation mise en place par la Préfecture. Celle-ci ne laissait guère de place à la discussion entre les citadins et les ruraux venus crier leur ras-le-bol vis-à-vis du loup et expliquer leur volonté de sauvegarder ce territoire malmené par la prédation. Ils distribuaient bien des tracts, mais le vacancier semblait plus préoccupé par son heure d'arrivée retardée que par ce cri d'alerte !
En Matheysine à Corps, les jeunes éleveurs des Hautes-Alpes bloquaient aussi la route pour sensibiliser les touristes sur "ce loup  problème écologique et économique".
Par E.D. | Publié le 08/07/2017 à 08:53
Dauphiné Libéré.

 Expertise scientifique collective sur le devenir de la population de loups en France
DÉMARCHE D’ÉVALUATION PROSPECTIVE À L’HORIZON 2025/2030 ET VIABILITÉ À LONG TERME
7 Mars 2017
Si le taux de mortalité de la population de loups était en moyenne de 22 % avant 2014, il pourrait très bien atteindre les 34 % depuis que l’Etat français a intensifié sa politique de tirs de loup. Pour les chercheurs, les prélèvements légaux « ne devraient pas […], dépasser 10 % de l’effectif estimé pour que la population présente un bilan numérique au moins stable. » Or, « le pourcentage d’animaux prélevés légalement représente environ 14% des effectifs estimés en 2015 ».
« À partir de travaux récents en écologie de la faune et en sciences sociales, Bergstrom (2017 et articles associés) suggèrent que les méthodes non létales pour réduire les dégâts sur les troupeaux seraient plus efficaces et plus justifiables que les tirs de prédateurs. Nous ne pouvons qu’encourager les approches complémentaires » (Expertise scientifique collective sur le devenir de la population de loups en France, 2017).
http://www.ferus.fr/wp-content/uploads/2017/03/Expertise-scientifique-collective-devenir-population-loups-France-Demarche-evaluation-prospective-horizon-2025-2030-viabilite-long-terme.pdf


 


samedi 26 août 2017

(Mauvaises) Nouvelles de la Forêt.


La forêt est mal aimée  par les "présidents".

En Pologne, malgré l'injonction de la Communauté Européenne, la destruction de la dernière forêt "sauvage" d'Europe est en train de passer pour pertes et surtout profits (pour qui ?) sous les engins qui l'exterminent.
"Située dans l’est du pays, la forêt de Białowieża, la toute dernière forêt primaire d’Europe, élément inestimable de notre patrimoine naturel, est en cours de destruction après que le gouvernement polonais a autorisé son exploitation. Ses arbres sont abattus pour produire contreplaqué et palettes."
Cette forêt abrite encore des bisons, des lynx, et des loups, elle est inscrite au patrimoine naturel mondial de l’UNESCO depuis 1979, elle devrait être protégée. Mais le profit est passé par là et ce gouvernement conservateur, comme pour d'autres manquements aux directives Européennes n'en fait qu'à sa tête.


Autre "front brûlant" pour la forêt; le Brésil.
"Le Brésil autorise l’exploitation minière dans la forêt amazonienne
Michel Temer, le président du Brésil, vient d’abroger le statut de réserve naturelle d’une partie de la forêt amazonienne.
Créée en 1984, la réserve naturelle des États du Para et de l’Amapa s’étendait sur 46.610 kilomètres carrés, soit un territoire équivalent à celui de la Norvège. Nichée dans la forêt amazonienne, cette région abrite une faune et une flore uniques sur Terre."

L'être humain, intelligent, paraît-il, scie la branche sur laquelle il est assis avec avidité !

Mais regardons ces deux événements d'un peu plus près.
Nous voyons des gouvernances à court terme, avec des profits immédiats pour des lobbys industriels. Les en jeux ne sont pas les mêmes, mais le résultat est identique: c'est la forêt qui trinque et une forêt ce n'est pas du court terme. Bien au contraire, dans ces deux exemples ce sont des forêts très anciennes. Leur renouvellement est impossible dans l'immédiat, il n'y a donc pas d'actions compensatrices.
Cela veut dire que nous allons rester avec deux plaies de plus. La déforestation est générale sur la planète, nombreuses sont les forêts anciennes qui disparaissent, et toujours pour les mêmes raisons.

Mais c'est de politique dont je voudrais parler.
Le Brésil depuis le président Lula se débat avec ses démons politiques, la succession de ce "sauveur" patine sérieusement. Une présidente déchue (Dilma Roussef)
"Le Brésil, malade de sa politique
Lourd malaise à Brasilia, surtout quand on sait que 60 % des parlementaires ont des démêlés avec la justice : corruption, fraude électorale, financement illégal de campagne électorale, homicide, esclavagisme, etc.
Faire de la politique est perçu par beaucoup de Brésiliens comme un moyen de s'enrichir avant de servir les électeurs.
Le clown Tiririca s'est fait élire député dans l'État de Sao Paulo en 2010 avec cette question posée aux électeurs : « Vous ne savez pas ce que fabrique un député? Moi non plus! Alors, élisez-moi à Brasilia et je vous raconte tout ça ». Et encore : « Mieux vaut un politicien habillé en clown que des clowns déguisés en politiciens. »
L'ex-vice-président Michel Temer, 76 ans, d'une famille d'origine libanaise, passe pour un conciliateur. Au pouvoir réel depuis le mois de mai, assermenté par le Congrès après la destitution de Dilma Rousseff, il reste très impopulaire. Pourra-t-il relancer l'économie? Et la justice lui laissera-t-il le temps de finir son mandat [31 décembre 2018, élections en octobre 2018]? Car il est soupçonné de financement illégal de sa campagne électorale de 2014. Tout peut arriver à présent en politique au Brésil."

Un président "intérimaire" qui a lui-même des démêlées avec la justice, ce qui ne l'empêche pas de signer ce décret assassin pour la forêt brésilienne (vous me direz, il fait comme ses prédécesseurs !).
Corruption et populisme vont de pair dans cette affaire.

Regardons la Pologne maintenant.
Je ne suis pas un spécialiste de la politique polonaise.
La Pologne est en crise depuis 2015. La droite dure essaye de faire passer des réformes liberticides (presse, droit à l'IVG, immigration, etc.) mais recule souvent sous la pression de la rue.
06/07/2017 – 08h45 Varsovie (Breizh-Info.com) – « Nous n’avons pas exploité les pays dont proviennent les réfugiés qui arrivent maintenant en Europe. Nous n’avons pas utilisé leur main-d’œuvre et ne les avons pas invités en Europe. Nous avons le droit moral de dire « non »», a récemment déclaré Jaroslaw Kaczynski, dirigeant du parti polonais Droit et Justice (PiS) (parti au pouvoir en Pologne).
Le populisme est à l'œuvre avec son compagnon le nationalisme, l'UE s'époumone et tente de sanctionner le gouvernement polonais. Mais ce gouvernement résiste, il fait la sourde oreille.

Dans ce contexte, une forêt de plus ou de moins ! Ce n'est pas un enjeu vital.
Et la nature trinque. Mais tout est lié, nos actes, nos pensées…nos bulletins de vote.
Bonne soirée.

mercredi 26 juillet 2017

Loup-émissaire...

Artigues : pour le maire, les loups seraient responsables des incendies.

" Pour Gabriel Magne, le maire d'Artigues, cette propagation ultra-rapide est due à la présence des loups. Un éleveur va dans le même sens que lui : "Avec les loups, on ne peut plus aller en forêt et faire le débroussaillement. Avec les troupeaux, on était payé pour débroussailler les pare-feux", explique Gilbert Villa, dans Var Matin. "Cette herbe sèche favorise les départs de feu plus rapidement qu'avant", souligne le maire, Gabriel Magne".

L'art et la manière de mettre le loup à toutes les sauces ! Les incendies ravagent des hectares en Corse, et il n'y a pas de loup sur l'ile ! Mais peut-être des incendiaires, des mégots, des bbq et trop de monde en certains endroits comme partout dans le sud. Et surtout cette année la sécheresse est là depuis la fin du printemps. Mais le loup ! c'est toujours une pierre à mettre dans le jardin des pros…
Loup-pompier !
À suivre…

 

lundi 24 juillet 2017

Alimentation, agriculture, changement de modèle ? À suivre...

 

Réalité ou poudre aux yeux ?
Deux articles et surtout déclarations au moment des États généraux de l'alimentation.
La première qui prend la "parole" c'est Christiane Lambert la nouvelle présidente de la FNSEA.
Le second c'est un distributeur, Michel Édouard Leclerc.
Ces deux discours demandent un changement de direction et de relations entre les producteurs et les distributeurs au "profit" des consommateurs... qui ne s'expriment pas encore. Donc à suivre...



http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/07/17/31003-20170717ARTFIG00069-christiane-lambert-stopper-la-spirale-du-declin-de-l-agriculture-par-un-sursaut-collectif.php

 












Le loup, un problème ?


 Extrait d'un article à retrouver sur France-info

Quel est notre problème avec le loup ?
Depuis son retour en France, au début des années 1990, le loup concentre les passions. Pour comprendre le débat autour de sa présence, France-info a interrogé Geneviève Carbone, ethnozoologue et spécialiste du "canis lupus". 
Cela fait vingt ans que le loup vit en France et on assiste encore à des manifestations anti-loups. Pourquoi le débat autour de sa présence reste-t-il si sensible ?  
Je pense que le cœur du débat est là. C'est triste d'opposer les pros et les anti. On ne peut pas être dans la posture avec le loup et le pastoralisme. Être éleveur en montagne, c'est vraiment dur. Et c'était peut-être trop de dire que "le retour du loup c'est fabuleux, le monde revit"... Après, pourquoi les hommes politiques se sont emparés de ce problème alors que cinq ans avant, les éleveurs pouvaient crever sur leurs alpages ? Le loup a été instrumentalisé, d'un côté comme de l'autre. 
Depuis 1993, les éleveurs cohabitent avec le loup chaque année. C'est une réalité, qu'on la vive bien ou mal. Pourquoi ne se sert-on pas de ce qu'on a appris dans les premières années ? À l'époque, ce qu'on proposait, c'était de renforcer la présence de l'homme. Oui, il faut des chiens patous, des cabanes, du parcage, mais ce n'est pas ça qui règle la question. Il faut apporter une aide conséquente pour gérer le surcroît de fatigue et d'inquiétude lié au loup. Aller voir davantage les éleveurs, et pas seulement au moment des constats. Si l'on ne monte que pour les attaques, on n'aide pas à changer l'image du loup. 
Les tirs de prélèvements sont une mauvaise idée, selon vous ?
Mais on ne sait même pas ce qu'on prélève ! On tire à une soixantaine de mètres, alors je mets quiconque au défi de me dire s'il sait que c'est un mâle ou une femelle. On tire parce qu'on voit un loup ; quel est l'intérêt ? Cela n'a rien à voir avec un tir de défense qui se fait directement sur le troupeau, au moment de l'attaque. Le tir de prélèvement est totalement déconnecté d'une attaque. C'est une soupape de sécurité pour l'homme et ça n'a aucun effet positif sur le loup. L'animal ne peut pas le mettre en relation avec une prédation qui aurait eu lieu trois jours avant. Surtout que pour lui, il n'a rien fait de mal : il a juste mangé !
Mais que peuvent faire les éleveurs qui, aujourd'hui encore, subissent les attaques ?
Il faut admettre que le loup est là et qu'il faut modifier sa façon de travailler, même si c'est dur à entendre. Les éleveurs doivent changer d'état d'esprit et arrêter de se battre contre des moulins à vent. Mais pour ça, il faut les aider et pas seulement avec de beaux discours. Un berger ne peut pas assurer la présence, jour et nuit, sur une estive entière. Il faut mettre plus d'hommes !
Après, il n'y a pas de solution pérenne. Il existe des alpages où, dès qu'on met les patous, c'est réglé. Il y a des alpages où le terrain est tellement raide que si le loup arrive là, on sait qu'il va y avoir 30 ou 40 brebis avec les pattes cassées. Dans ce cas-là, ne pourrait-on pas négocier un changement d'alpage ? La solution ne peut pas se vivre comme un arrêté préfectoral, avec 40 loups à tuer pour cette année, mais comme une réflexion au niveau du territoire. Il faut penser avant d'agir. Le loup est un animal qui pose la complexité.
 


jeudi 25 mai 2017

Pas de solution qui ne soit politique !


Je suis toujours étonné de lire ici où là que le végétarisme serait une solution à l'élevage ou aux mauvais traitements des animaux. Devenir végétarien fait partie d'un choix personnel comme celui d'embrasser une religion. Cette religion n'étant en rien une solution toute faite pour résorber la misère du monde. Il y a là, dans cette idée fortement ancrée que le végétarisme viendrait soulager la cause de l'animal un non sens et surtout on lui fait endosser un emploi qui n'est pas celui qui lui est intrinsèquement dévolu.

Cela crée une opposition entre gentils végétariens et méchants consommateurs de viande. Ce qui est encore une fois aberrant.
Les mauvais traitements dans le monde de l'élevage existent, comme dans le monde du travail sans que cela soit systématique. Regardons les événements avec calme et discernement vers ceux des éleveurs qui ont trouvé leur point d'équilibre.
Un cheptel raisonnable en taille (une cinquantaine de vaches laitières par exemple), une alimentation fourrage exclusivement et une qualité de lait qui leur permet d'être en bio ou de fournir une laiterie qui fait de la production de fromage. Ou une production fromagère sur la ferme (avec une AOP si possible), mais avec plus de bêtes et de personnel.

L'élevage intensif ou industriel est récent en Europe et particulièrement en France. La majorité des fermes d'élevage comme de production laitière reste dans des proportions de troupeaux tout à fait raisonnables, exception faite de quelques fermes qui s'approchent plus de l'usine.
C'est un manque de personnel (rentabilité) qui est toujours à l'origine des mauvais traitements. Les cadences (surtout dans l'abattage), l'emploi systématique d'engins dans l'espace des animaux, des lieux inadaptés au confort de l'animal, des erreurs de conception dans l'aménagement des lieux d'élevages et également des concepts d'élevage qui ne prennent pas en compte la réalité de l'animal et de son parcours sur terre.
Tous ces problèmes ont une solution.
Revaloriser les métiers de la viande et du lait, payer les productions à un juste prix aux producteurs. Le juste prix permet d'avoir moins de bêtes ou d'embaucher du personnel. Donc une grande partie des solutions sont d'ordre économique et donc en soi, politiques.
La grande distribution, en France, qui fixe arbitrairement les prix est la première à porter une lourde responsabilité dans cette problématique.
Moins de viande et de lait, de meilleure qualité et à un juste prix pour tous et non pas au seul avantage de celui qui commercialise.
Cela peut paraître simpliste, mais c'est la base d'une évolution nécessaire pour que l'avenir de l'animal d'élevage soit moins problématique qu'aujourd'hui.

Mais nous citoyens consommateurs comment pouvons-nous intervenir dans ce système déjà établi ?
Changer nos habitudes et notre relation au commerce en privilégiant les circuits courts (AMAP, Coopératives, ventes directes, petits magasins de proximités et indépendants, etc.).
Mais le monde agricole doit lui aussi se diriger vers cette commercialisation de ses productions.
Et le monde politique doit s'investir dans ce sens, à nous de devenir très exigeants avec notre bulletin de vote! Les cantines scolaires, restaurants municipaux, d'entreprises, d'Ehpad, d'hôpitaux, tous ces lieux doivent bénéficier des circuits courts qui échappent au dumping commercial des grandes surfaces.
Je ne prône pas leur disparition, mais un retour à un juste équilibre dans la chaine des prix.
Pour vous en convaincre, regardez d'où viennent vos fruits et légumes et imaginez le trajet qu'accomplit le produit qui est devant vous sur les rayons de votre supermarché!
C'est donc un choix, une attitude pleinement humaine, qui nous élève dans notre cheminement terrestre, comme la communication avec le monde animal le fait.

À vos assiettes !