lundi 31 août 2020

Écologie ? Vague verte dites-vous ?

 

Un ours tué par balle dans les Pyrénées et l'État qui met 2 M€ sur la table de l'indemnisation pour cet été.

C'est le grand écart qui règne en permanence entre une biodiversité restaurée (ou en cours de restauration ?) et la vie pastorale des montagnes françaises. Le loup, l'ours et dans certaines régions le vautour sont les principaux prédateurs à l'œuvre.

Cette présence du prédateur rebat les cartes maintenant depuis plus de trente ans et aucune solution ne se pointe à l'horizon, pire peut-être, les positions en oppositions se durcissent et le "dialogue" s'éloigne de plus en plus, s'il a d'ailleurs existé un jour !

Hors de ce constat il faut maintenant nous interroger sur ce fameux "plus comme avant" qu'aurait instauré le confinement et cette mise en confrontation de nos contemporains avec une "vie" (sous la forme d'un virus) qui nous échappe encore malgré notre progrès et notre technologie.

C'est là peut-être que notre relation au monde animal doit faire le plus de progrès et surtout changer de paradigme, de vision globale, de cosmovision comme j'aime à le dire.

Eh oui, c'est notre vision du monde et nos relations à celui-ci qui doivent évoluer sérieusement. L'homme d'aujourd'hui se sent encore le plus fort face à la "nature", mais en même temps il perd sérieusement du terrain face à elle (raz de marée, tsunamis, tremblement de terre, incendies gigantesques, sécheresse, ouragans, inondations ponctuelles à répétition, etc.) et malheureusement la liste des destructions est longue.

L'animal comme nous subit ces dommages (les animaux morts par le feu en Australie sont innombrables), le végétal également et c'est un sérieux problème que nous devons de plus en plus prendre en compte, car c'est la ressource alimentaire principale du monde animal et pour une grande part notre propre ressource alimentaire.

C'est comme si nous étions pris entre deux feux, la dérégulation climatique et l'organisation de notre monde.

Pourquoi parler de tout cela en regard du sujet autour de la prédation ?

Et bien, "redresser" la biodiversité animale fait partie des options que l'humanité a choisies pour lutter contre cette dérégulation climatique, ce n'est pas la seule, mais elle en fait partie, parce qu'elle semble à notre portée immédiate. Si nous réussissons sur ce plan-là, nous aurions une base pour continuer dans d'autres domaines: abandon des engrais, pesticides et autres toxiques, etc.

 Mais vous savez ce qu'il en est également sur ce plan !

Bref, nous avons du chemin à faire. Notre incapacité humaine (et contemporaine) à affronter ces changements nous projette violemment face au même problème: concilier le prédateur et ses proies potentielles qui sont des ressources pour l'humain et comment partager nos territoires tout en les protégeant ou tout du moins en en garantissant la jouissance pastorale comme ludique (usages divers de la montagne).

J'en reviens à l'exemplarité que pourrait être la vie en commun sur un espace commun, reste à définir cet espace et les limites acceptables de la vie commune. C'est d'ailleurs une problématique que l'on rencontre dans d'autres espaces comme ceux des banlieues où l'on a progressivement cantonné les humains les plus pauvres, et c'est un phénomène mondial (favelas, quartiers excentrés des grandes villes africaines ou d'Asie, etc.).

Je n'ai toujours pas abordé le côté économique de cette situation de crise du vivre en commun, mais il fait partie des facteurs qui doivent eux aussi évoluer, comme le partage des richesses qui est souvent corrélé à ce partage de territoire.

 

Nous reviendrons une prochaine fois à la proie et le prédateur puis-ce que c'est une clef du vivre en commun qu'illustre chaque jour le monde animal.

À suivre…