samedi 6 avril 2019

Vaches sacrées, prolifération et violences politiques


Extrait d'un article de l'AFP au sujet des vaches sacrées qui prolifèrent en Inde et deviennent un véritable fléau pour les agriculteurs.
Une situation qui donne à réfléchir quant à la place de cet animal dans une société moderne où l'espace vital se resserre tous les jours.
La prolifération doit être régulée, mais comment ? L'animal est sacré et il est devenu un enjeu politique qui déclenche des violences terribles entre pro et anti. (lire la suite de l'article: https://actu.orange.fr/monde/dans-l-inde-de-modi-la-proliferation-de-vaches-errantes-mais-sacrees-CNT000001eKqup/photos/une-vache-errante-placee-dans-un-abri-improvise-a-pilani-dans-le-rajasthan-le-26-mars-2019-f949776ff35d35cba99b226f53435aa2.html)

À méditer…


AFP, publié le samedi 06 avril 2019 à 08h08

Dans l'Inde de Modi, la prolifération de vaches errantes mais sacrées

Raghuvir Singh Meena en a marre: les champs de pois chiches de cet agriculteur ne cessent d'être ravagés par des vaches errantes, dont la prolifération est symptomatique de l'Inde des nationalistes hindous, champions fervents de ce bovin sacré.
Les vaches rôdeuses sont devenues un casse-tête dans ce pays d'Asie du Sud de 1,25 milliard d'habitants. Depuis l'arrivée au pouvoir en 2014 des nationalistes hindous de Narendra Modi, qui brigue un deuxième mandat de Premier ministre à l'occasion des élections législatives qui débutent jeudi prochain, elles se sont propagées.
Le chef de gouvernement et son Bharatiya Janata Party (BJP, Parti du peuple indien) ont fait de la défense de la vache, animal révéré dans l'hindouisme, l'une des grandes causes de leur mandat. Ils ont multiplié les mesures de protection, des milices ont semé la terreur avec des lynchages perpétrés au nom de la vache.
Mais les agriculteurs, en majorité hindous, sont loin d'être enchantés. Ils accusent le BJP d'avoir, en causant une multiplication de vaches désœuvrées, créé une "nouvelle menace" pour leur mode de vie.
"Nous avons tout essayé, les épouvantails et les barbelés, mais les animaux errants ne manquent pas une occasion de dévorer nos cultures", rapporte Raghuvir Singh Meena, en promenant un regard mauvais sur ses champs du district de Pilani au Rajasthan, grand État de l'ouest de l'Inde.
Les nationalistes hindous "suivent leurs objectifs politiques, ils ne se soucient pas des agriculteurs pauvres", déplore-t-il.

samedi 2 mars 2019

Histoire d'hommes et de chiens


 Un très intéressant article diffusé par l'AFP.


Des hommes préhistoriques aimaient leurs chiens, jusque dans la tombe 

Photographie non datée montrant des os de chiens près de Barcelone où des communautés néolithiques il y a 6.000 ans accordaient un statut spécial aux canidés qui les suivaient jusque dans la tombe
©Janine HAIDAR, AFP

AFP, publié le vendredi 01 mars 2019 à 11h50

Il y a quelque 6.000 ans, des communautés néolithiques vivant près de ce qui est aujourd'hui Barcelone aimaient déjà beaucoup leurs chiens, jusque dans la tombe.
Des preuves archéologiques mises au jour sur au moins quatre sites montrent que ces hommes préhistoriques et leurs compagnons à quatre pattes vivaient ensemble, travaillaient ensemble, et partageaient le même régime alimentaire de graines et de légumes, selon une étude publiée récemment dans la revue Journal of Archaeological Science: Reports.
"Ces animaux étaient totalement intégrés dans ces communautés néolithiques", explique à l'AFP Silvia Albizuri, de l'Université de Barcelone.
Et ce statut spécial accordé aux canidés les suivait dans la tombe. Des squelettes partiels ou complets de chiens ont ainsi été retrouvés dans plus d'une vingtaine de tombes, placés avec soin aux côtés d'hommes, de femmes ou d'enfants.
Mais les animaux choisis pour passer l'éternité avec leurs maîtres en payaient le prix: ils étaient sacrifiés au moment des funérailles, selon l'étude.
Les restes retrouvés appartenaient à des chiens âgés de 1 à 6 ans, dont un quart entre 12 et 18 mois. "La sélection de chiots et d'animaux d'un an suggère un sacrifice", précise Silvia Albizuri.  
La préférence de ces communautés pour les jeunes chiens pourrait aussi être liée à une réticence à perdre les animaux plus âgés déjà dressés notamment pour garder les troupeaux.
- Des chiens pas mangés -
L'absence d'entailles sur les os des chiens laisse également penser que leur chair n'était pas découpée ou mangée avant l'inhumation.
Des chiens et des hommes enterrés côte à côte ont déjà été retrouvés sur d'autres sites du Néolithique dans le nord de l'Italie et le sud de la France, mais la tombe de Bobila Madurell, juste au nord de Barcelone, contenait plus de chiens que les autres, note l'étude.
Selon les scientifiques, les chiens ont probablement d'abord été utilisés par les hommes pour chasser.
Puis quand les hommes se sont sédentarisés et ont commencé à cultiver la terre, il y a 10.000 ans, ces canidés domestiques sont devenus des protecteurs contre les intrus ou les animaux sauvages, en particulier leur cousin sauvage, le loup. 
Ces populations ont également domestiqué d'autres animaux comme les moutons ou les chèvres.
"Les chiens jouaient un rôle important dans l'économie des populations du Néolithique, en prenant soin des troupeaux et des lieux de vie", notent les chercheurs.
Les chiens de taille moyenne (50 cm de haut pour 15 kilos) décrits dans l'étude ressemblent "aux chiens de berger des Pyrénées actuelles", note Silvia Albizuri.
Les os de bétail retrouvés dans les sites des sépultures en Espagne étaient éparpillés de façon hétéroclite, une autre preuve de la place spéciale réservée aux canidés néolithiques.
Environ 5.000 ans avant notre ère, quelques communautés importantes vivaient dans le sud de l'Europe, où existaient aussi quelques plus petits villages dans les plaines ou sur les collines. Les archéologues ont également retrouvé des vestiges de fermes, d'abris temporaires et de silos pour stocker le grain. 

samedi 2 février 2019

La vie secrète des vaches


Dans la ferme de Rosamund Young, les animaux vivent en liberté et sont nourris de façon naturelle. Une pratique qui favorise le développement intellectuel, notamment chez les vaches.
C'est un ouvrage drôle et touchant, mais surtout, un véritable plaidoyer contre la souffrance animale et pour le respect de l'environnement.
Fermière dans le centre de l'Angleterre, Rosamund Young est issue d'une famille d'éleveurs et observe ses animaux depuis près de 50 ans.
Elle parle de ses vaches, des lignées familiales et des différences qu'il peut y avoir entre la mère, la fille, la sœur, la tante, la cousine. C'est un immense arbre généalogique où toutes les vaches qui sont nées dans cette ferme nous sont décrites avec leur petit caractère, leurs manies, leur grande intelligence pour toujours trouver à mieux vivre.
Un livre qui nous en dit long sur la vie des vaches.

"La vie secrète des vaches" de Rosamund Young. ed: J'ai lu.

jeudi 31 janvier 2019

Collectif loup y es-tu ?

                                                                


        
Collectif pour une relation renouvelée
et apaisée entre l'être humain et le loup.
                                                                                             

loup y es-tu?


   Le loup est de nouveau présent en France, depuis les années 90. Les écologistes se réjouissent de voir ainsi un peu de  biodiversité se restaurer, alors que 30% ce celle –ci  a disparu au cours des 30 dernières années selon des études récentes. Certains  éleveurs sont inquiets de cette présence, et meurtris lorsque le loup fait des ravages dans leurs troupeaux.
  
   Des jugements péremptoires ou hâtifs, souvent portés sous le coup d’émotions, car certains intérêts vitaux sont en jeu, animent le débat actuel autour du loup. Deux camps, les pour / les contre rivalisent d’arguments, de calculs, de prescriptions avec l’impossibilité de se rencontrer en restant sur  ces plans alimentés de passions. Et pendant ce temps, le loup ne se rencontre pas non plus. Il est un intrus ou bien un faire-valoir selon le regard qu’on lui porte. Regard toutefois furtif car le loup reste distant, ne se laisse pas côtoyer avec facilité. Regard donc déformé par les suppositions dues à l’ignorance devant l’énigme de sa présence.

   Le collectif «  loup y es-tu ? » est né cet été dans la Drôme lors d’une rencontre entre diverses personnes, dont des membres de l’Université du Vivant. Il se  propose, au-delà d’un antagonisme réducteur, d’ouvrir un espace de connaissance et de dialogue différent, en donnant la parole aux discrets que les arguments actuels ne convainquent pas. Nombre de citoyens, éleveurs souvent, ont l’intuition qu’une vraie rencontre avec le loup est possible. Une rencontre pour dépasser les positions simplifiées et catégoriques et pour faire place à l’intrus dans le dialogue, car il a sans doute quelque chose à dire, à apporter pour enrichir notre communauté de vie qu’est un territoire.
 Les dégâts ? Oui bien sûr, comme ceux des adventices concurrentes des cultures. Mais on sait aussi que les mauvaises herbes savent se tenir et enseignent le cultivateur sur sa terre.

  
Considérer l’être du loup, c’est se laisser atteindre par ce qu’il a à nous dire, soit de façon déductive par les faits, soit de façon intuitive par la communication animale. Rencontrer le loup, l’interroger, le respecter est une voie pour la cohabitation  et au-delà pour une coévolution à vivre ensemble.

Le collectif loup y-es-tu est un espace nouveau, lieu de parole pour les acteurs concernés qui vivent la présence du loup et ne se reconnaissent pas dans la dualité habituelle ; les témoignages sont bienvenus, pour emplir, élargir la vision partielle que nous nous faisons du loup. Nous organisons à l’automne une journée de rencontre de personnes, éleveurs, citoyens désireux de partager, voire de se dépasser pour faire émerger une intelligence collective, riche de points de vue divers à travers des personnes, éleveurs, citoyens, désireux de contribuer à une rencontre sereine du loup... et lui faire savoir ?

  Le texte ci-dessous  porte les questionnements d’un éleveur d’une région habitée par le loup.
Pas de réponses simples, mais des hypothèses, une curiosité humble, une attention à ce qui advient : une approche de l’homme par le loup, une intrusion parfois, dramatique quelquefois. En tous cas la certitude d’avoir à faire à un être, scrutateur mais distant, pourvu de « personnalité ».

Pour témoigner ou pour participer au collectif « loup y es-tu ?» : loup-y-es-tu@lilo.org




Loup y es-tu ?

« Oui, qu’on l’accepte ou non, tu es de nouveau parmi nous, là où nous vivons et travaillons !

Que fais-tu?
   Tu recolonises dans un flux migratoire des territoires que tu as autrefois arpentés. Tu perturbes nos modes d’élevage, notre pastoralisme.
Ta présence nous  re questionne sur la place et le rôle de chaque être vivant, sur  notre lien à la nature, parfois absent, parfois fusionnel.  Tu perturbes et mets à mal nos modes de penser, de prévoir, d’agir avec le vivant.

 Que dis-tu?
   Tu ne dis rien ! Tu es une énigme, et ton retour pose question. Ton retour et ta présence signifient-ils que nous humains avons créé et laissé un vide dans la nature, vide que tu serais venu combler? Qu’ayant voulu nous passer de toi,  nous n’avons pas  su prendre ta part dans la geste de la Vie?

Et finalement, Loup, qui es-tu?
 Un alter ego de l’être humain ?  Comme l’être humain, par tes hautes capacités d’adaptation et de déplacement, ta présence sur Terre est universelle, des pôles  à l’équateur.
 Liberté, autonomie, pratiques de solidarité, hiérarchie au sein de la meute, tu montres toutes sortes de qualités ou comportements  qui renvoient à des aspirations, mais aussi à des dérives humaines.

  La victime ciblée par les  fantasmes de tout ce que l’humain trouve de bestial en lui-même? Et pourtant ce sont les loups enragés, qui ont nourri par leurs actes la peur et la vision maléfique qui leur sont attribuées. 

   Un révélateur des profondes ruptures et des dysfonctionnements importants dans les pratiques actuelles de l’élevage et du pastoralisme, la spécialisation des territoires, des fermes et des races ayant créé d’importants déséquilibres en plaine, en coteau et en montagne? Es-tu  la goutte d’eau qui  fait déborder le vase des éleveurs ? Tu as bon dos et tu apparais comme le bouc émissaire des difficultés et impasses de l’élevage contemporain dominé par une conception matérialiste, normative, et industrielle de la production de viande. Ne nous trompons pas de cible, tu nous donnes l’occasion de reconsidérer l’élevage, renouveler nos liens aux animaux domestiques et sauvages.

   Un régulateur des dynamiques de la vie dans la nature et, in fine, un protecteur et garant des équilibres écologiques et biologiques, en tant que sommet de la pyramide de prédation : concurrent des chasseurs, mais aussi supplétif de l’être humain pour le contrôle des populations d’ongulés sauvages notamment cerfs, chevreuils, sangliers ?*

   Et alors, peut-être un allié en puissance?

   Toi  qui reviens habiter nos territoires, tu es peut-être différent du loup que nous avons sociétalement chassé il y a quelques générations de nos espaces, de notre imaginaire et de notre vie ? Comment s’ouvrir à ton point de vue actuel, sans te considérer ni comme un bien à sauvegarder, ni comme un ennemi à abattre, (ni sacré ni massacré !) pour parvenir à vivre ensemble en bonne intelligence ? »

Stéphane Cozon, ancien paysan et éleveur dans la Drôme

* Sortant de leur milieu usuel du fait d’une trop forte pression démographique et d’une déprise agricole déjà ancienne, ils causent aujourd’hui d’énormes dégâts aux activités humaines.

mercredi 30 janvier 2019

Le triangle vertueux de l'utilisation de la communication animale.


Le triangle vertueux de l'utilisation de la communication animale.
 

Entre deux mondes
Technique de communication
Recueillir l'information
Poser les bonnes questions
Développer ma méthode personnelle
Communication Animale 
(pendule, baguettes, kinésiologie, test musculaire, etc.…)

Monde animal
Connaissance "réelle" du monde animal
Approfondir ma connaissance
Orienter ma formation
 Monde humain
Action
Le traitement de l'information
Ma boite à outils
Mes capacités à agir, me former selon mes besoins.


Le principe est que chaque élément enrichit les deux autres.
Une meilleure connaissance du monde animal déclenche des questions plus pertinentes, et si j'affine mes questions j'aurais des "solutions" plus précises et efficaces.
Plus je maitriserais les outils dans ma "boite", plus je serais en mesure de poser des questions en référence à l'un de ces outils (cf: alimentation, homéopathie, thérapie manuelle, etc.) et cela rejaillira sur ma connaissance du monde animal.
Je peux également déterminer quel est l'outil qui me fait défaut pour résoudre un problème maintenant qu'il est identifié, donc je peux orienter ma recherche de partenaire ou de formation complémentaire.
Les résultats positifs de mes actions renforcent ma connaissance de mon animal et me donnent de l'assurance dans mes communications.
Etc…
On peut humainement penser que cet enrichissement a une fin. La principale vertu de ce triangle étant que je suis moi l'humain au centre du triangle, que cela me concerne totalement et que la limite, ce serait ma faculté à pro-gresser, à apprendre.
C'est exact, mais il y a dans ce système le fait que l'animal lui aussi progresse, il s'approprie également des connaissances, qu'il est apte à transmettre à sa descendance. Nous l'avons déjà constaté pour d'autres expériences au sein du troupeau.
L'effet est donc amplifié, non pas à l'infini, mais il faut en tenir compte.
Lorsque vous avez totalement intégré une pratique, vous constatez que vous vous affranchissez du protocole, une simple pensée suffit pour que les choses arrivent. Le geste est intégré et il devient machinal. La com-munication animale n'échappe pas à cette évolution, le dialogue est immédiat entre vous et l'animal, il n'y a plus de protocole et même parfois vous connaissez la réponse avant d'avoir formulé d'une quelconque façon la question.
Cela devient une seconde nature pour vous.
Connaissance/question/action s'enchainent spontanément, car elles dialo-guent entre elles dès que votre œil a repéré un dysfonctionnement ou que vous avez senti que l'animal qui passe près de vous a besoin de cette attention qui vous est devenue naturelle.

lundi 29 octobre 2018

Quelques considérations sur la communication animale dans le débat médiatique.



La pratique de la communication animale nous enseigne que la modestie et l'humilité doivent toujours être au cœur de notre pratique. Il n'y a rien de "surnaturel" dans cette pratique et elle devrait toujours nous conduire à la découverte, parfois même à l'émerveillement devant tellement de vérité et de conscience en provenance de ceux avec qui nous "dialoguons".
La plus grande difficulté réside dans notre vision du monde animal. Elle est pétrie d'anthropomorphisme, ce faux-ami qui nous occulte bien trop souvent la réalité. La notion même de "monde sauvage" dans notre société se bornant aux documentaires animaliers où le lion dévore la gazelle et où l'éléphant déplace placidement son imposante carcasse. Quand ce n'est pas la triste image du rhinocéros, braconné pour sa corne.

C'est en partie le résultat de longs siècles de domination et de détachement de ce monde que nous avons relégué loin de nous, citadins, ou alors que nous avons abandonnés au monde agricole, qui lui c'est développé vers un modèle économique libéral dominant.
Aujourd'hui l'animal de compagnie est devenu la référence pour la majorité de nos concitoyens, l'autre confrontation au monde animale se déroulant dans nos assiettes. 
 
Aujourd'hui l'animal de compagnie est devenu la référence pour la majorité de nos concitoyens, l'autre confrontation au monde animale se déroulant dans nos assiettes. D'où peut-être une certaine confusion entre l'animal familier qui partage notre vie quotidienne et celui élevé loin de nous, vis-à-vis duquel nous n'avons que peu de connaissance, sauf quand un scandale sanitaire éclate, ou une escroquerie à la traçabilité ou encore, une dénonciation virulente de pratiques d'abatage honteuses. Les conditions de l'élevage des poules étant l'archétype de ce que peut produire notre civilisation industrielle-moderne.


Garder la tête froide face à ce maelstrom d'informations est un exercice de plus en plus difficile.
Placer la communication animale au cœur de ce contexte demande une certaine retenue, du doigté et une bonne dose de psychologie.
Le but n'est ni d'asséner des vérités en provenance de nos contacts avec le monde animal ni de donner des leçons aux défenseurs sincères de cette cause. Nous devons leur rendre grâce d'avoir amené le débat sur la place publique, même si la sur-médiatisation de notre société n'est malheureusement pas toujours un facteur d'harmonisation des consciences, car les extrêmes sont les championnes du tambour médiatique. Deux protagonistes qui s'écharpent sur un plateau de télé font un bruit médiatique porteur pour le diffuseur, nous ne sommes pas loin des jeux du cirque.
Ce n'est pas le débat serein que mérite cette cause animale, qui au passage nous devrions le rappeler, n'est la propriété de personne !
Mais revenons à la communication animale qui ne se fait guère entendre dans ce débat. Et pourtant, ce serait une source inépuisable de découvertes pour nombre de nos contemporains.
L'heure n'est pas encore venue, l'expérience doit continuer pour être prête au rendez-vous du futur.

jeudi 11 octobre 2018

Les caprins et le paysage


La fermeture des espaces par une déprise des troupeaux par un recul du pastoralisme est un phénomène bien connu. Chez nous, le loup dans certaines régions contribue à cette déprise.
L'ouverture des espaces par les troupeaux d'ovins et de caprins, mais aussi les bovins, est essentielle à nos paysages et a une bonne gestion de la montagne. 


Contre les incendies, les chèvres "sapeurs" au secours des forêts portugaises
AFP, publié le jeudi 11 octobre 2018 à 08h31
Des bruyères arrachées, un genêt dépouillé, des plantes et arbustes vite effeuillés: les chèvres de Fernando Moura dévorent la végétation du plus important massif montagneux du Portugal pour lutter contre les feux de forêt comme ceux qui ont fait plus d'une centaine de morts en 2017.
Ce berger de 49 ans et son troupeau de 370 chèvres "sapeurs" font partie d'un projet-pilote lancé en mars par le gouvernement portugais pour défricher les zones de maquis afin d'éviter, en cas d'incendie, que les flammes ne se propagent d'une zone boisée à une autre.
"Autrefois, il n'y avait pas tous ces incendies. Il y avait des milliers d'animaux qui nettoyaient en broutant. Et des bergers comme moi, il y en avait des centaines", dit-il à l'AFP. "Aujourd'hui, je suis pratiquement le dernier."
Pour les cinq prochaines années, les chèvres de Fernando ont une mission spéciale: sillonner les flancs de la Serra da Estrela, dans le centre du pays, pour nettoyer une cinquantaine d'hectares de broussailles et créer des pare-feux naturels.
A travers le Portugal, ils sont une quarantaine de chevriers à mettre en œuvre ce projet. "C'est la méthode la plus naturelle et la plus économique", explique Antonio Borges, cadre de l'Institut pour la Conservation de la Nature et des Forêts (ICNF).
Capables d'accéder aux terrains les plus escarpés et rocheux, les chèvres sont plus efficaces que ne le seraient des bulldozers ou des hommes équipés de débroussailleuses.
- Villages "à l'abandon" -
A l'aube, chaque jour de l'année, M. Moura arpente les crêtes du parc naturel de la Serra da Estrela, sur les plus hautes cimes du territoire continental portugais.
D'un pas sûr et rapide malgré le dénivelé, épais bâton en main, cet homme trapu conduit son bétail à l'aide de cris et de sifflements perfectionnés au cours de toute une vie dans la montagne. 

Pour ce travail, il touchera 125 euros par hectare nettoyé la première année, puis 25 les quatre années suivantes. Un petit supplément de revenus pour cet homme qui vit du lait, des fromages et de la viande de ses chèvres.
"Fernando est avec son troupeau depuis toujours, il est très heureux d'être encouragé à maintenir son activité", assure Antonio Borges, en soulignant l'important "rôle de vigilance" des bergers dans la lutte contre les incendies.
L'ICNF table sur des résultats visibles rapidement, mais l'efficacité du projet des chèvres "sapeurs" ne pourra être réellement mesurée qu'à son terme, au bout de cinq ans.
Fernando Moura reste lucide sur l'état des forêts portugaises. "Il y a beaucoup de végétation laissée à l'abandon près de nos villages", déplore-t-il, assis sur un énorme rocher de granit dominant les pentes.
Dans les régions vallonnées de l'intérieur du Portugal, l'exode rural a été particulièrement intense. Bien souvent, seules restent les personnes âgées dans des villages isolés. Les champs et les pâturages ne sont plus exploités et les forêts sont délaissées, devant des proies faciles pour les flammes.
- "Travail de longue haleine" -
Après les incendies meurtriers de l'an dernier, qui avaient fait plus de 100 morts dans le centre du Portugal, cet été a été beaucoup plus calme, avec une surface calcinée en baisse de 60% par rapport à la moyenne des dix dernières années, 40% de départs de feux en moins et aucun mort à déplorer.
"Le Portugal reste très vulnérable", prévient toutefois Tiago Oliveira, placé par le gouvernement à la tête d'une équipe d'experts chargée de reformuler le dispositif de prévention et de lutte contre les feux de forêt.
"Les nouvelles initiatives de gestion forestière vont mettre des dizaines d'années à produire des résultats, c'est un travail de longue haleine", dit-il au sujet du projet des chèvres "sapeurs".
Pour Fernando Moura, qui ramène son troupeau rassasié dans un enclos encastré au milieu d'imposants rochers, la nuit tombe, lui accordant un peu de répit. Il laissera ses chèvres pour la nuit, ira dormir avec ses chiens non loin de là. Et demain, reprendra sa tâche harassante qu'il accepte pourtant avec entrain, avant de rapporter le lait à son épouse, pour qu'elle fabrique les fromages.
"Mes chèvres, je les aime vraiment beaucoup, c'est moi qui ai créé ce troupeau. J'ai essayé de travailler dans une usine mais je n'ai pas réussi", confie-t-il. "Je ne pouvais pas abandonner mes chèvres."